Rémy Couture FX

Arrestation


Le 28 Octobre à 10 h 28, je reçois un  courriel d’une personne qui prétendait s’appeler Steve Lacombe.

Steve disait chercher des sites web pour l’Halloween, il est tombé sur mon site www.RemyFX.com qui est mon portfolio en maquillage effets spéciaux.

Il se disait impressionné par mes réalisations et se demandait si j’avais le temps de faire un maquillage pour lui et sa copine pour l’Halloween. Il précisait qu’il avait un scénario en tête :
« Moi et ma blonde très légèrement vêtus, ensanglantés dans des positions explicites...etc... Tu pourras laisser aller ton imagination. Seulement quelques photos pour nos invités à notre party d'Halloween. »

Alors j’ai donné suite à son courriel et je leur ai donné rendez-vous chez moi le lendemain, le 29 octobre
à 18 h 00.

Le 29 octobre, j’ai demandé à mon amie Élise Arsenault de venir chez moi avec son appareil photo vers 17 h 00. Elle était en charge de prendre les photos.

Le 29 octobre, peu avant 18 h, je reçois un téléphone de Steve m’avertissant qu’ils étaient en route vers mon domicile. Plus de 30 minutes plus tard, il me rappelle pour me dire qu’il ne trouvait pas ma résidence, il me suggérait de sortir dehors et de les attendre aux intersections des rues Hochelaga et Lacordaire, à deux pas de ma résidence.

Je suis sorti dehors, le cellulaire à la main, en conversation avec Steve qui prétendait se trouver au coin des rues Hochelaga et Dickson. J’ai regardé dans cette direction pour essayer de les apercevoir. Ce n’est qu’une fraction de seconde plus tard que je me suis retourné de l’autre côté pour voir apparaître un homme et une femme qui me faisaient face, me demandant si j’étais bien Rémy Couture. Au moment même où j’ai répondu oui, l’homme m’a pris le bras pour m’enlever mon cellulaire qu’il donna immédiatement à la femme qui l’accompagnait. Ils m’ont révélé alors qu’ils étaient en fait des policiers et que j’étais en état d’arrestation pour corruption des mœurs. Je croyais que c’était un canular, j’ai essayé de me déprendre mais ils insistaient de ne pas offrir de résistance et de les suivre. N’y croyant pas, j’ai demandé à voir leurs badges, ce qu’ils ont fait très rapidement. N’y croyant toujours pas, j’ai essayé de me déprendre encore une fois. C’est alors que la policière m’a montré son arme. À ce moment, j’ai cessé toute résistance.

À ce même moment, j’ai demandé si c’était une blague et qu’est ce qui allait m’arriver et où ils allaient m’emmener. Ils m’ont répondu que non, ce n’était pas une blague et qu’ils allaient me reconduire immédiatement au poste de police. J’ai demandé si je pouvais aller avertir mon amie qui se trouvait encore chez moi. Ils me l’ont interdit en répliquant qu’ils allaient s’en charger et qu’ils avaient un mandat pour venir saisir mon matériel informatique. Un mandat que je n’ai d’ailleurs jamais vu. J’ai demandé s’il était possible que j’aille au moins prendre mon manteau et mon porte-monnaie, chose qu’ils ont refusé.

Le policier a fait un appel et une voiture de police est arrivée immédiatement avec 2 hommes à l’intérieur. Ils se sont dirigés directement chez moi.

Les policiers m’ont escorté jusqu’à la rue voisine où se trouvaient leurs autos. Ils m’ont mis les menottes et m’ont invité à m’assoir dans la voiture. Le policier se trouvait à ma droite et la policière en avant. Ils ont appelé d’autres policiers avant de me préciser la nature de mon arrestation. Ils m’ont dit que suite à une plainte venant d’Interpol, ils ont reçu le mandat afin de venir m’arrêter pour corruption des mœurs en lien avec mon site web www.InnerDepravity.com.

Inner depravity killer character

www.InnerDepravity.com est un site web que j’ai réalisé de toute pièce. Il met en vedette un tueur psychopathe fictif qui commet des meurtres fictifs. Je réalise tous les maquillages effets spéciaux, les effets spéciaux et tous les scénarios. Le site comprenait plus de 20 sessions photographiques et deux courts-métrages. Le réalisme des maquillages et des mises en scènes pouvait laisser les gens perplexes. C’était un site qui pouvait être perçu comme le faux journal intime visuel et animé d’un psychopathe fictif.

Les scènes étaient produites et réalisées dans un contexte artistique comme dans les plus grands films d’horreur connus du grand public. Ce qui rendait mon site populaire est visiblement son ambiance très sombre et son personnage mystérieux.

Je peux affirmer sans crainte que le site n’était pas toujours facile à regarder pour les gens qui sont peu familiers avec les films d’horreur ou qui ont le cœur sensible.

Le policier qui m’a arrêté, le prétendu Steve Lacombe, se nomme en réalité constable Léo Fournier. Il avait avec lui un dossier qui concernait mon affaire. Je lui ai demandé ce que tout ça voulait dire, corruption des mœurs, une chose que je n’avais jamais entendue. Je trouvais cette histoire ridicule, je lui ai expliqué que je fais du maquillage effets spéciaux, que je me spécialise dans le domaine de  l’horreur et que rien se trouvant sur mon site est vrai. Je leur ai demandé depuis quand faire la production et la réalisation d’œuvres fictives d’horreur était illégal, puisque les images n’étaient que des mises en scènes avec des gens consentants.

Je leur ai demandé également combien de temps ils allaient me retenir, une question que le constable Fournier répondit immédiatement : « Tout dépend de ce que tu vas nous dire. » Alors là, je me demandais bien ce qu’ils voulaient entendre car, à leurs yeux, j’étais visiblement un criminel. Ils agissaient d’ailleurs comme si j’avais quelque chose à me reprocher. J’ai demandé au policier, s’il était vraiment nécessaire d’agir de la sorte, pourquoi ne pas avoir adopté une autre approche.
Il me répondit : « Parce qu’on ne voulait pas que tu te sauves. »
J’ai répliqué : « Mais me sauver de quoi? »

Le constable Fournier feuilletait son dossier tout en disant : « Nous avons ouvert notre dossier depuis janvier 2009. J’ai appris à te connaître Rémy, il y a même une phrase qui m’avait bien fait rire, une phrase que tu as écrite sur ta page web publiée sur le site web myspace.com. La phrase qui résumait : ‘Avec mon art, j’aime aller au-delà de ce que les gens pourraient voir contre la moralité.’ Bref, Interpol nous appelait aux 2 jours pour nous demander qu’on vienne t’arrêter, alors nous avons décidés de venir aujourd’hui. »

Une voiture de police est arrivée quelques minutes plus tard. Ils m’ont invité à transférer de voiture et que celle-ci allait m’escorter au poste de police.

Arrivé au poste de police du 7700 Langelier, on m’a fouillé avant de me mettre en cellule. Il devait être environ 19 h. On m’a laissé en cellule durant plusieurs heures, j’estime jusqu’aux environs de 22 h
La policière est venue quelques instants plus tard avec un policier qui a débarré ma cellule et m’a fait signe de venir dans un bureau pour l’interrogatoire. Je pouvais refuser cet interrogatoire car j’étais sans la présence d’un avocat. J’ai librement voulu coopérer sans avocat puisque je crois n’avoir rien à me reprocher et que cette arrestation était une erreur.

Arrivé dans la pièce, une autre policière était à ses côtés notant ce que j’allais dire. À ce moment j'ai subi un interrogatoire.

Après mon interrogatoire j'ai signé un formulaire de déclaration que je devais remplir résumant ce que j’avais à dire pour ma défense. J’ai écrit une déclaration qui résumait que j’étais maquilleur FX, que j’ai un site qui montre des scènes d’horreur fictives. Bref, la même chose que j’avais dite aux policiers précédemment. J’ai soussigné sur le formulaire à 22 h 40 la promesse de comparaître le 20 novembre 2009 à la cour criminel de Montréal et que je me soumettais aux restrictions suivantes :

-Ne pas administrer le site internet www.Innerdepravity.com

-Ne pas utiliser d’ordinateur sauf pour le travail.

Lorsque ma déclaration fut remplie, elle me demanda de regagner ma cellule et on allait me faire sortir. J’ai demandé s’ils pouvaient me reconduire puisqu’on m’avait interdit d’aller chercher mon porte-monnaie et mon manteau. Elle m’a répondu que ce n’était pas possible. Un policier m’escorta jusqu’à la cellule. J’y suis resté plus de 45 minutes. Entre temps, la policière est venue me voir avec le code criminel, elle m’a lu la signification de corruption des mœurs, car je me demandais vraiment ça rimait à quoi.

Plus tard, un policier est venu me chercher. J’ai été ensuite dans un local pour prendre des photos et des empreintes. On m’a remis mes effets personnels et j’ai pu recouvrer ma liberté.

On me jeta dehors, fin octobre, sans manteau, ni argent et sans aucun respect, bref, comme un déchet. J’ai demandé à ce qu’on m'appelle un taxi.

Lorsque je suis arrivé chez moi, il était tout près de minuit. J’ai pu constater que ma résidence  a été fouillée par les policiers. Ils ont même défoncé une porte qui était barrée en laissant tout en désordre.

J’ai vite compris qu’ils avaient espéré trouver du matériel illégal, ou encore des cadavres? J’ai aperçu en regardant ce qu’il manquait dans mes biens personnels que mon passeport avait disparu, sans doute me l’avait-il saisi sans le mentionner!

Les jours passèrent, je n’avais pas de nouvelle depuis, j’étais stressé de ne pas savoir ce qu’il allait advenir de ce cas absurde. Je reçois un téléphone du constable Fournier qui me demandait encore une fois le numéro de Sonia Querton. J’ai redonné son numéro et il n’a pas tardé à entrer en contact avec elle. Il m’a dit qu’il devait l’appeler pour finaliser le dossier. Il m’a dit qu’il allait me rappeler bientôt avant ma comparution.

J’ai reçu encore une fois un appel du constable Fournier, il me dit :
« Salut Rémy, j’ai su que tu avais demandé à ma collègue si tu aurais besoin d’un avocat pour ta comparution du 20 Novembre 2009. Je ne suis pas sensé te dire ça mais j’ai parlé au procureur qui s’occupe de ton dossier, je te propose de venir à ta comparution sans avocat, plaide coupable et on te donne immédiatement l’absolution. »

J’ai répondu : « Mais coupable de quoi? Je ne suis coupable de rien. »

Il répondit : « Mais ton site, les photos sont illégales. »

J’ai répliqué : « Mais voyons, certain films offrent des images encore plus explicites que celles de mes réalisations, si cela fait de moi un criminel, allez arrêter tous les producteurs de films d’horreur, et si vous croyez que je suis un criminel pour ça, vous allez remettre toute l’industrie de l’horreur en question. »

Il répondit : « Je sais, je sais, mais là, que veux tu, on fait notre boulot. On t’offre l’absolution, donc tout ça serait fini, pas besoin de payer d’avocat. Ça t’éviterait pleins d'ennuis et on fermerait le dossier. »

Je répondis : « Mais quelle sera la suite? Pourrais-je continuer d’opérer mon site? »
Il répondit : « Non. »

Alors j’ai répliqué en disant qu’il n’est pas question que je plaide coupable et encore moins que je cesse de pratiquer ma passion pour l’horreur.

J’ai reçu un autre téléphone du constable Fournier une journée avant la date de ma comparution, soit le 19 Novembre 2009 en matinée. Le constable Fournier m’a dit que ma comparution a été annulée car le procureur voulait prendre plus de temps pour examiner mon dossier.

Je lui ai demandé s’il savait quand la comparution a été remise. Il m’a répondu que le procureur prendrait le temps nécessaire, donc il était impossible d’avoir une date.

Deux mois plus tard, le constable Fournier me rappela pour me dire que mes ordinateurs n’ont toujours pas été analysés et que mon dossier était entre les mains d’un autre procureur, Me Sophie Lamarre. J’ai laissé savoir mon dégoût devant cette situation qui commence à s’éterniser et que cela est une perte de temps et d’argent pour tout le monde.

J’ai reçu un autre téléphone du constable quelques semaines plus tard. Il m’a fait part qu’ils attendaient la venue d’un expert d’Ottawa pour faire l’analyse du contenu de mon site web maintenant fermé.

Il rappela peu de temps après pour me demander une prolongation de perquisition de mes biens puisque cela faisait plus 3 mois qu’ils les avaient en leur possession.

Une demande que j’ai refusée bien entendu, alors, le constable Fournier m’a dit qu’il allait me rappeler pour me donner la date de comparution pour que je vienne m’objecter à leur demande de prolongation que je trouvais non justifiée.

Il m’a précisé aussi que l’expert d’Ottawa n’est pas venu et qu’ils ont fait appel à un inspecteur de la Sûreté du Québec.

Le 9 ou le 10 Février 2010, le constable Fournier m'appelle en matinée pour me demander si j’étais disponible en après-midi pour venir à ma comparution, chose que je trouvais un peu précipitée et vraiment à la dernière minute. Donc, j’ai refusé et j’ai exigé une date ultérieure. Il me rappela le vendredi pour me faire mention de la nouvelle date, le 18 février 2010 à 9 h 30 au Palais de justice de Montréal.

Jusqu’à ce jour, je me suis présenté 3 fois au palais de justice pour essayer de récupérer mon matériel informatique et mes biens saisi, chose que je n’ai pu obtenir puisque Me Lamarre s’est objecté et le juge lui à donné raison.

‘’ Mr Couture se masturbe devant des femmes démembrées, les victimes sur son site InnerDepravity ne sont que des femmes…’’ voilà un exemple des propos tenu par la couronne devant le juge pour justifier sa défense pour l’objection du retour de mes biens.

Au palais de justice, Me Lamarre qui était en compagnie du policier Mr Fournier  m’a fait savoir que le contenu de mes ordinateurs et mon site innerdepravity.com seront analysé par des psychologues et psychiatres.

Le procès débute le  10 Décembre  2012 au palais de justice de Montréal, un procès devant  jury et d’une durée de 2 semaines.